Faut-il regrouper G2 AVP et G2 PRO pour économiser ?

Vous vous lancez dans un projet de construction. Vous entendez parler d’études de sol, et plus précisément des phases G2 AVP et G2 PRO. Vous vous demandez s’il est possible de regrouper ces deux étapes pour économiser du temps et de l’argent. Cette question est fréquente. Pourtant, la réponse n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Pour vous aider à faire le bon choix, nous allons vous expliquer clairement ce que sont ces phases, leur utilité, et les conséquences d’un regroupement.

Qu’est-ce que la G2 AVP ?

La G2 AVP, c’est la phase Avant-Projet de l’étude géotechnique. Elle intervient après une première étude de site, appelée G1. Lors de la G2 AVP, le géotechnicien réalise des investigations préliminaires sur votre terrain. Il effectue des sondages et des essais pour comprendre la nature du sol. À ce stade, il ne s’agit pas d’entrer dans les détails. L’objectif est de détecter les grands risques comme les zones sensibles au tassement, les terrains argileux, ou encore les besoins particuliers en fondations.

Grâce à la G2 AVP, vous découvrez rapidement les principales contraintes de votre terrain. Vous savez si votre projet peut se faire comme prévu ou s’il faut le modifier. Cette étape vous aide à comparer différentes solutions techniques, à estimer les coûts, et à éviter les mauvaises surprises plus tard. Elle est donc très importante pour bien préparer votre projet.

Sondage à la tarière de reconnaissance des sols

À quoi sert la G2 PRO ?

La G2 PRO, c’est la phase Projet de l’étude géotechnique. Elle intervient après la G2 AVP, lorsque votre projet est bien défini. À ce moment, les plans d’exécution sont prêts, les charges que le bâtiment va supporter sont connues. Le géotechnicien va alors approfondir ses investigations. Il réalise des sondages complémentaires si nécessaire, et il affine les calculs pour dimensionner précisément les fondations et les ouvrages géotechniques.
La G2 PRO permet d’obtenir des recommandations très précises. Elle indique, par exemple, la largeur exacte des semelles, la profondeur d’ancrage, le type de béton à utiliser. Grâce à cette étude, vous avez l’assurance que les solutions retenues sont adaptées au terrain et que votre bâtiment sera stable et durable. La G2 PRO sécurise donc la réalisation de votre projet et évite les surcoûts liés à des imprévus en cours de chantier.

Pourquoi séparer G2 AVP et G2 PRO ?

Vous pourriez penser qu’il serait plus simple et moins cher de tout faire en une seule fois. Mais en réalité, séparer les deux phases présente de nombreux avantages. D’abord, la G2 AVP coûte moins cher que la G2 PRO. Elle vous permet de tester plusieurs hypothèses sans engager des frais importants. Si votre projet de construction évolue ou si vous décidez de l’abandonner, vous n’aurez pas dépensé inutilement pour une étude de sol trop détaillée.
Ensuite, la séparation des phases offre une grande souplesse. Vous pouvez ajuster votre projet après la G2 AVP, en fonction des résultats obtenus. Cela évite de devoir tout recommencer si un problème majeur est détecté trop tard. Enfin, cette démarche progressive est recommandée par les normes et appréciée par les assureurs. Elle montre que vous avez agi avec rigueur et que vous avez pris en compte les risques dès le début.

Regrouper G2 AVP et G2 PRO : une fausse bonne idée ?

Certains bureaux d’études proposent de regrouper la G2 AVP et la G2 PRO. Ils avancent l’argument de l’économie : une seule intervention, un seul rapport, donc moins de frais. Mais ce choix comporte des risques. En regroupant tout, vous supposez que votre projet ne changera pas. Pourtant, il est courant que des modifications arrivent après l’étude de sol G2 AVP. Un changement de plan, un problème technique, ou une découverte sur le terrain peuvent tout remettre en cause.
Si cela arrive, il faudra refaire une partie de l’étude de sol, voire tout reprendre. Vous aurez alors a payé deux fois. De plus, en voulant tout anticiper dès le départ, le géotechnicien sera obligé de prendre des marges de sécurité plus importantes. Il risque de surdimensionner les fondations, ce qui alourdira le coût des travaux. Finalement, l’économie attendue peut se transformer en surcoût.

Les exigences de la norme et des assurances

La norme NFP 94-500, qui régit les études géotechniques, distingue clairement les différentes phases de la mission G2 : AVP, PRO et DCE/ACT. La norme indique que vous ne pouvez pas faire seulement l’étude de sol G2 AVP. Ainsi, si votre projet s’arrête après la phase étude de sol G2 AVP, vous n’êtes pas obligé de continuer. Mais il vaut mieux suivre l’ordre des étapes pour assurer la qualité et la sécurité de votre projet.

Les assureurs et les bureaux de contrôle exigent souvent que chaque phase soit bien réalisée et documentée. Ils veulent s’assurer que les risques ont été identifiés et traités à chaque étape. Si vous regroupez les phases, vous pouvez rencontrer des difficultés à obtenir les garanties nécessaires pour votre chantier. Vous prenez aussi le risque de voir votre responsabilité engagée en cas de sinistre.

Un exemple concret

Imaginez que vous construisez un immeuble sur un terrain dont vous ne connaissez pas la nature exacte. Vous commencez par une G2 AVP. Cette étude révèle que le sol est hétérogène et qu’il existe des remblais sur une partie du terrain. Deux solutions sont envisagées : enlever les remblais et fonder sur le bon sol, ou utiliser des micropieux. Après réflexion, vous choisissez la solution la moins chère et la plus adaptée.

La G2 PRO intervient ensuite pour dimensionner précisément les fondations retenues. Le géotechnicien réalise des sondages complémentaires et ajuste ses calculs. Vous avez ainsi une solution sur-mesure, optimisée pour votre terrain et votre projet. Si vous aviez regroupé les deux phases, vous auriez peut-être choisi une solution trop coûteuse, ou découvert le problème trop tard, avec des conséquences financières importantes.

Les économies à court terme, les risques à long terme

Vous l’avez compris, regrouper G2 AVP et G2 PRO peut donner l’impression de faire des économies. Mais cette économie est souvent illusoire. En réalité, vous prenez le risque de devoir refaire une partie de l’étude, de surdimensionné les ouvrages, ou de rencontrer des problèmes en cours de chantier. À long terme, cela peut coûter beaucoup plus cher que la séparation des phases.

De plus, en respectant la progression G2 AVP puis G2 PRO, vous montrez à tous les intervenants que votre projet est sérieux et bien préparé. Vous gagnez en crédibilité auprès des entreprises, des assureurs et des financeurs. Vous limitez aussi les risques de litiges et de sinistres, qui sont toujours coûteux et compliqués à gérer.

Conclusion

Pour économiser, il peut être tentant de regrouper la G2 AVP et la G2 PRO. Mais cette solution comporte de nombreux risques. En séparant les deux phases, vous avancez étape par étape, vous adaptez votre projet aux réalités du terrain, et vous sécurisez votre investissement. Vous évitez les mauvaises surprises et vous optimisez le coût global de votre construction. La démarche progressive, recommandée par les normes et les assureurs, reste la meilleure option pour réussir votre projet en toute sérénité.

Prenez le temps de bien faire chaque étape. Vous verrez que cette rigueur sera payante, tant sur le plan technique que financier. Votre projet mérite le meilleur, et cela commence par une étude de sol menée dans les règles de l’art.

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